Une étude pionnière publiée dans la revue Nature par des chercheurs de l'Université libre de Bruxelles (ULB), dirigée par le Pr Cédric Blanpain, a révélé des différences significatives dans le renouvellement des cellules souches de la peau entre les souris femelles et mâles. Ces différences, contrôlées par les hormones sexuelles, ont également un impact sur la vitesse de cicatrisation.
Grâce à une technique de microscopie avancée permettant de filmer les cellules à travers la peau de souris vivantes pendant cinq mois, l'équipe a observé que les cellules souches cutanées passent par une étape intermédiaire avant de se spécialiser. Ils ont constaté que chez les femelles, ce processus est plus coordonné, tandis que chez les mâles, il suit un rythme plus individualisé, sous l'influence de la testostérone et des œstrogènes.
La recherche montre que la testostérone, plus abondante chez les mâles, régule la maturation des cellules, tandis que les œstrogènes, chez les femelles, stimulent la multiplication et la coordination des cellules souches. Ces mécanismes, également observés dans de la peau humaine reconstituée en laboratoire, pourraient mener à des traitements personnalisés pour les brûlures, les plaies chroniques ou la prévention des cancers de la peau.
Le Pr Cédric Blanpain souligne que cette découverte « ouvre toute une série de nouvelles questions, de la biologie fondamentale des cellules souches jusqu'à des questions très cliniques, comme la cicatrisation des plaies, le développement du cancer, et les maladies auto-immunes. Le sexe est un paramètre trop souvent négligé en biologie et en médecine. »
Cette étude internationale a bénéficié du soutien de diverses institutions, dont le FNRS, TELEVIE, le WEL Research Institute et le Conseil européen de la recherche (ERC).




