Une avancée significative dans la compréhension des maladies rares a été réalisée par des chercheurs des Cliniques universitaires Saint-Luc et de l'Institut de Duve de l'UCLouvain. Ils ont découvert une nouvelle pathologie pancréatique associée à des troubles génétiques rares, qui peut affecter la digestion et la nutrition. Cette découverte, publiée dans la revue scientifique GUT, promet des perspectives encourageantes pour la prise en charge des patients et le développement de futures pistes thérapeutiques.
Les ciliopathies, causées par des dysfonctionnements des « cils primaires » agissant comme des antennes de communication cellulaire, sont des affections génétiques rares. Bien que les atteintes rénales et hépatiques soient connues, l'implication du pancréas était jusqu'à présent méconnue. La recherche menée à Bruxelles a mis en lumière ce lien, révélant des conséquences sur la digestion et la nutrition.
L'étude est le fruit d'une collaboration entre l'Institut de Duve de l'UCLouvain, expert en mécanismes des ciliopathies, et des cliniciens gastroentérologues pédiatriques des Cliniques universitaires Saint-Luc. Ces derniers avaient observé des symptômes inexpliqués chez des patients, notamment des anomalies pancréatiques associées à des problèmes rénaux. Le projet a été soutenu par le FNRS, la Fondation contre le cancer, la Fondation Roi Baudouin et la Fondation Saint-Luc.
L'analyse d'une cohorte de 350 patients pédiatriques a révélé des mutations de gènes liés aux cils primaires (HNF1B et NPHP3) chez certains patients souffrant de problèmes rénaux. Une modélisation animale sur des souris génétiquement modifiées a ensuite mis en évidence une atrophie progressive des cellules acinaires pancréatiques et une accumulation de graisse, un mécanisme pathologique nommé « adipopancréatose ».
Ces résultats ont été validés chez l'humain grâce à une technique d'IRM spécifique. Elle a permis de mesurer une teneur en graisse pancréatique significativement plus élevée chez les patients porteurs des mutations HNF1B ou NPHP3, confirmant l'existence de l'adipopancréatose chez l'homme.
Cette découverte ouvre la voie à un dépistage systématique de la fonction pancréatique exocrine chez les porteurs de mutations liées aux ciliopathies, particulièrement en présence de symptômes digestifs inexpliqués. Une détection précoce pourrait prévenir des complications nutritionnelles, notamment chez les patients atteints de maladie rénale. À terme, ces recherches pourraient mener à des thérapies ciblées pour traiter les atteintes du pancréas et des reins.



